Les caféiers (genre Coffea)

Les français continuent

En 1702, la Compagnie française des Indes, au bord de la faillite, cède son privilège de la traite du café à une compagnie de Saint-Malo. Celle-ci veut enlever le monopole de Marseille sur le commerce du café en allant directement s’approvisionner à Moka. De plus, cette compagnie souhaite développer la culture du caféier sur l’Ile de Bourbon (La Réunion).

Louis XIV qui a reçu un caféier des Hollandais en 1713, désire également l’introduire dans les colonies des Antilles. S’engage alors une concurrence entre la Réunion (compagnie de saint Malo et les Antilles françaises (Royauté).

En 1708, un Cheikh arabe de Moka avait offert, à la compagnie des indes françaises, des plants et des semences qui ont été transportés à bord des vaisseaux malouins le Diligent et le Curieux. Malheureusement ce fut un échec.

En 1715, l’expédition commandée par le malouin Dufresne, capitaine du Chasseur est montée pour rapporter des plants. Ceux-ci arrivent à Bourbon un mois après la mort de Louis XIV.

Dès 1716 l’Académie des Sciences royales s’est préoccupée d’envoyer des caféiers dans les Antilles. Cette mission est confiée à un docteur de la Faculté de médecine de Montpellier, le Docteur Isambert. Il partit de Paris avec trois plants en mars 1716 et quitta Le Havre fin avril. Arrivé fin juin en Martinique, il meurt peu après. Faute de soins appropriés, les caféiers meurent également.

La même année, le Gouverneur de Guyane tente d’obtenir des semences du Surinam mais essuie un refus. Un français du nom de Morgue s’est réfugié au Surinam pour échapper à la justice de Cayenne. Quelques années plus tard, en 1719, Morgue négocie son retour en Guyane et son amnistie en s’engageant à ramener des semences avec lui.

C’est à Gabriel De Clieu qu’est attribué le mérite d’avoir introduit le caféier en Martinique et d’en avoir promu la culture. De nombreuses gravures représentent De Clieu prenant soin de son caféier à bord du navire qui le conduit dans les Antilles. Les récits racontent que celui-ci allait jusqu’à sacrifier sa ration d’eau pour arroser l’unique plant qu’il aurait obtenu au Jardin des Plantes à Paris. Mais il semble plus probable que les premiers plants de caféiers en Martinique provenaient de Guyane. En effet, les archives de la Marine mentionnent que les Gouverneurs de Martinique et de Guyane entretenaient d’excellentes relations. D’autre part, les premières productions de café sur plusieurs pieds de caféiers dans les jardins d’officiels en Martinique sont signalées dès 1726. En Martinique, une correspondance du missionnaire jésuite, le Père Le Breton, datée de juin 1726, signale qu’un de ses amis lui a donné deux ans auparavant des graines provenant d’arbres plantés dans l’île. Une autre correspondance signée de Blondel Jouvancourt et de la même année 1726 mentionne l’existence de plusieurs caféiers atteignant la hauteur de 6 pieds et ayant 58 branches. Même dans de bonnes conditions, un caféier atteint cette taille en 3 ou 4 années. Par ailleurs la mise à fruit d’un jeune plant nécessitant au minimum 24 mois de culture après le semis, on peut facilement admettre que des plants aient été introduits à partir de Cayenne d’autant que de Clieu revendique l’introduction du caféier qu’en 1744, soit 23 ans plus tard.

Les Antilles vont alors devenir un centre important de production tandis que le caféier arrive en Amérique latine.

 


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